La France entend apporter son aide pour remplacer les vieilles voitures par des vélos tandis que l'Espagne confie tout à la voiture électrique

La France entend apporter son aide pour remplacer les vieilles voitures par des vélos tandis que l'Espagne confie tout à la voiture électrique

La France entend apporter son aide pour remplacer les vieilles voitures par des vélos tandis que l'Espagne confie tout à la voiture électrique

Plusieurs experts critiquent que l'engagement en faveur de la mobilité espagnole durable n'inclut pas encore les transports publics ou les vélos.


Le gouvernement espagnol vient de lancer un nouveau plan pour promouvoir le remplacement des voitures anciennes par des voitures électriques. Mais que se passerait-il si l'aide était également destinée à échanger des voitures contre des vélos? C'est la proposition qui a été approuvée vendredi dernier à l'Assemblée nationale française, qui a voté à l'unanimité en faveur d'un amendement à sa loi sur le changement climatique qui étend les primes de conversion aux «personnes qui souhaitent remplacer un véhicule ancien» polluant par «un vélo électrique». . Cette mesure s'applique également aux vélos dits «cargo», de plus en plus en vogue pour le transport de produits dans ce pays, notamment en ville. Les investissements espagnols pour le vélo seront connus plus tard, mais pour l'instant aucune aide similaire n'est prévue.


Si certains médias français ont déjà calculé l'aide pour la mise à la casse d'une vieille voiture à 2500 euros, le ministère français de la Transition écologique a expliqué à EL PAÍS qu'il est encore nécessaire de préciser quels modèles de voitures pourront bénéficier de la prime et pour quel type de vélos, ainsi que le montant de la prime et les personnes qui peuvent en faire la demande. Pour le président de la Fédération française des utilisateurs de vélos, Olivier Schneider, la mesure constitue un véritable «changement culturel» dans un pays à la tradition automobile profondément enracinée.


La mesure n'était pas initialement prévue dans la loi sur le climat que le gouvernement français veut approuver - elle en est encore à sa première phase de discussion à l'Assemblée nationale - comme signe de son engagement écologique, bien que les ONG et les organes consultatifs de l'exécutif considèrent c'est "insuffisant". En fait, l'une de ces «lacunes» était que, bien que la France promeuve depuis quelques années un plan de promotion du vélo, il n'apparaissait guère dans le texte de la loi. Un problème corrigé avec cet amendement, qui vise à promouvoir davantage un moyen de transport bon marché et écologique qui connaît déjà un véritable boom dans le pays: la semaine dernière, l'Union Sport & Cycle, qui fédère l'industrie française du vélo, a annoncé que les Français marché a augmenté de 25% en 2020, avec 2,6 millions de vélos neufs vendus, dont 500000 électriques.


Parallèlement, en Espagne, les fonds de relance européens annoncés pour la mobilité (13,2 milliards) visent avant tout à promouvoir et subventionner les voitures électriques et les bornes de recharge. Plusieurs experts critiquent le fait qu'il n'y a toujours pas d'engagement décidé en faveur des transports publics ou des vélos. «La mobilité durable ne change pas les voitures pour les voitures électriques. Il faut privilégier la mobilité active (marche et vélo) et les transports collectifs », explique David Lois, professeur de psychologie sociale à l'UNED et expert en mobilité.


«Le plan Moves III n'inclut pas d'aide pour les vélos électriques ou pour remplacer une voiture par un vélo, mais il y aura d'autres programmes qui encouragent l'utilisation du vélo dans les centres urbains», explique un porte-parole de l'Institut pour la diversification et l'économie d'énergie, dépendant du ministère de la Transition écologique. Le ministère des transports, pour sa part, explique qu'il favorisera la création de couloirs de bus, la modernisation des flottes de bus et d'autres mesures en faveur des transports collectifs, mais les investissements ne sont pas encore annoncés.


Le département dirigé par José Luis Ábalos souhaite également promouvoir l'utilisation du vélo, bien qu'il n'y ait toujours pas de jeux engagés. Le ministère a demandé aux conseils municipaux des manifestations d'intérêt (qui permettent d'analyser d'éventuels projets pouvant ensuite être subventionnés par des fonds européens), et a reçu 85 plans relatifs aux vélos pour un montant de 446 millions. «Le nombre de projets proposés confirme l'engagement pris par le ministère pour le vélo, et on nous dit que ce mode de transport durable jouera un rôle important lors des appels à l'aide lancés aux communes», explique un porte-parole des transports. En attendant que ces plans se concrétisent, le seul argent engagé pour la mobilité pour le moment concerne les véhicules électriques.


"Investir dans une voiture électrique ne résout pas bon nombre des problèmes générés par la mobilité motorisée: utilisation de l'espace public, accidents, embouteillages ...", critique Esther Anaya, chercheuse à l'Imperial College de Londres. "De plus, le véhicule électrique génère également de la pollution par la façon dont l'énergie est produite, ce qui n'est pas toujours propre", ajoute-t-il. Selon lui, «l'électrification peut contribuer à rendre durable une fraction des déplacements, mais si nous la présentons comme une solution générale, nous vendrons quelque chose qui ne nous conduira pas à transformer la mobilité».

Nécessaire, mais pas suffisant

Xavier Querol, expert en pollution au CSIC, souligne que «la voiture électrique est une mesure nécessaire mais non suffisante pour résoudre la mauvaise qualité de l'air». Le scientifique propose de concentrer les subventions sur l'électrification des taxis et des camionnettes: «Une famille utilise généralement la voiture pendant au plus une heure et demie par jour, le reste du temps, elle est garée. En revanche, un véhicule de distribution urbaine ou un taxi roule 10 heures par jour, c'est-à-dire qu'il vaut 10 voitures ». Querol demande un investissement important dans les transports publics et que les accords de travail incluent à nouveau le paiement du transport.


David Lois souligne qu'un peu plus de 2% des voitures vendues en Espagne sont électriques. «Est-il réaliste de focaliser l'urgence du réchauffement climatique à cet égard? Je ne pense pas que ce soit la priorité », critique-t-il, et il s'est engagé à changer la distribution modale, c'est-à-dire la façon dont les gens se déplacent. «Environ 30% des déplacements en voiture en Espagne sont à moins de deux kilomètres et 50% à moins de cinq kilomètres. La voiture électrique ne réduit ni la congestion urbaine, ni les accidents, ni le surpoids. De plus, ces aides subventionnent les revenus les plus élevés. Nous avons besoin de moins de voitures sur la route, même si elles sont électriques. Il est plus urgent d'électrifier les bus avant les voitures particulières ».


Le gouvernement a promis il y a près d'un an de promouvoir une stratégie nationale du vélo qui n'a pas encore été lancée. Transport dit qu'ils le feront «dans les prochains mois». Laura Vergara, de Con Bici, qui regroupe des dizaines d'associations cyclistes, critique que «pour l'instant, le seul engagement en faveur du vélo est de cinq millions de dollars des budgets pour cette stratégie. Dans les fonds de récupération, le vélo est nommé à la fin de manière générique et sans rien proposer de spécifique ». Le vélo, moyen de transport le plus durable, continue d'attendre le coup de pouce de l'État.

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